LE MANIOC
LE MANIOC : un aliment controversé

Séchage du manioc sur le bord des routes...
On cultive ici uniquement du manioc amer, comme dans la plupart des zones tropicales forestières d’Afrique et d’Amérique, où cette variété s’est imposée comme l’alimentation de base. Le manioc doux est plutôt cultivé dans les régions de savane, où il ne représente qu’un complément. Les formes sous lesquelles le manioc est consommées sont très diverses. On peut le manger directement cru : il a alors un goût proche du navet cru. Pour la cuisson, les transformations qui la précèdent peuvent se rattacher à deux groupes selon que le premier stade du traitement est un rouissage (le tubercule est plongé dans l’eau pendant plusieurs jours) ou un râpage. Après le rouissage on peut obtenir de la farine ou du chikwangue (boudin de manioc enveloppé dans des feuilles de bananier et cuit à la vapeur) : ils sont fabriqués partout en Centrafrique. Après le râpage du tubercule, on peut obtenir des aliments tels que le gari, la cassave, l’attieke, le landang, le tapioca, le glapek, le foo-foo, etc. c’est ce qu’on peut déguster en Afrique de l’ouest ou en Amérique. Si l’importance du manioc dans l’alimentation centrafricaine est indiscutable, ses qualités sont souvent remises en cause. En effet, sa pauvreté en lipides, en protides, en sels minéraux et en vitamines explique les préventions des nutritionnistes à son égard. Toutefois ce tubercule, riche en amidon et très digeste, est une ressource énergétique pour le corps. De plus les feuilles de manioc présentent des teneurs élevées en protides, compensant en partie les carences de la racine.Les réticences à l’égard du manioc sont aussi dues à sa forte teneur en cyanure. A l’instar de nombreuses espèces végétales, cette plante fabrique du cyanure pour résister à l’attaque des prédateurs, parasites ou micro-organismes. Cette propriété cyanogène est donc à la fois un atout, puisque c’est elle qui la rend si résistante, et un handicap puisqu’elle oblige le consommateur à une préparation rigoureuse : la toxicité du tubercule disparait par dissolution dans l’eau, celle des feuilles par séchage. L’industrialisation de la culture du manioc pourrait être un atout. Plusieurs pistes ont étés ouvertes : les productions de granulés de manioc pour l’alimentation animale, de tapioca, de farines ou de gari pour l’alimentation humaine seraient possible à grande échelle.
Dominique AUZIAS Extrait du guide LE PETIT FUTE République Centrafricaine Edition 2010-2011 www.petitfute.com
– Photo Jean BOIVIN, janvier 2010
Les maladies du manioc préoccupent le Conacom
Ai-Rca 23 Juillet 2010 11:41 - Le comité national de coordination des activités de lutte contre les maladies du manioc (CONACOM) a tenu le 22 juillet à Bangui sa première réunion en présence du chargé de mission Constant Linganzi, représentant le ministre de l’agriculture.
Le but de cette réunion qui a regroupé les membres venus des ONG, du secteur public et privé était de présenter les différents membres du CONACOM. Il s’agissait d’une part, de voir comment élaborer un plan de travail annuel (PTA) en vue d’une coordination et diffusion du manioc et d’autre part de l’élaboration de la politique de développement de production du manioc.
Dans son mot de bienvenue, le coordonnateur du CONACOM Constant Liganzi a expliqué que la sécurité alimentaire de la population passe prioritairement par l’amélioration de la production du manioc. « C’est pourquoi nous apprécions l’initiative prise par la Fao et l’Union européenne en ce sens », a-t-il dit.
Pour lui, depuis toujours des actions ont été menées en faveur du manioc en milieu paysan. Mais cela n’a pas porté les fruits parce que ces actions sont menées d’une manière disparate et non concertée et parfois cela se fait sans conseil technique, ni matériel végétal.
« Donc, le comité a cette charge de la coordination, de l’harmonisation et surtout de la pérennisation des activités de multiplications et de lutte contre les maladies et surtout u développement de la filière manioc », a-t-il indiqué.
Selon M Linganzi, les causes de la baisse de production du manioc, qui est l’aliment de base en Centrafrique sont les maladies dont la principale est la mosaïque africaine du manioc. Et pour faire face à ce défi, le comité doit multiplier et distribuer les boutures saines de manioc.
Pour mémoire, le CONACOM a été mis en place par arrêté le 21 Mai 2010. Il faisait suite à l’exécution du projet intitulé "Initiative Régionale du Manioc en appui aux petits producteurs vulnérables de l’Afrique Centrale et de l’Est". Ce projet est financé par l’Union Européenne et couvre 7 sept pays africains à savoir la Tanzanie, la RD Congo, le Gabon, le Burundi, la République Centrafricaine, le Rwanda et l’Ouganda.
La décision de la mise en place d’une coordination nationale dans chaque pays a été prise lors d’un atelier régional sur le manioc organisé à Dar-El- Salaam du 29 novembre au 5 décembre 2009, a appris l’agence Ai.
Kabongo, Ai Bangui