| Index de l'article |
|---|
| HISTOIRE |
| La colonisation française |
| Le Centrafrique contemporain : |
| Toutes les pages |
Le Centrafrique contemporain :
Peu de temps après l'indépendance, en 1962, le MESAN (Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire) devint le parti unique. David Dacko fut renversé par un coup d'État militaire dans la nuit du 31 décembre 1965. Le colonel Jean Bédel Bokassa prit le pouvoir et imposa un régime autocratique. Une nouvelle Constitution lui confia les pouvoirs exécutif et législatif. S'étant fait nommer général puis maréchal, Bokassa se proclama président à vie en 1972. La monarchie parlementaire, instituée par la Constitution de novembre 1976, plaça à sa tête l'empereur, seul garant des institutions politiques, qui nommait le gouvernement; le parti unique était le MESAN. En 1977, Bokassa fut sacré empereur de l'Empire centrafricain. Le faste du couronnement, l'arbitraire du régime et la dégradation de l'économie suscitèrent le malaise de la population et la désapprobation de l'opinion internationale. En 1979, diverses émeutes éclatèrent, suivies par une sanglante répression culminant en un massacre d'enfants perpétré avec la complicité de l'empereur.
Le 21 décembre 1979, profitant d'un déplacement de Bokassa à l'étranger, l'armée française s'empara du palais et réinstalla David Dacko au pouvoir. La République fut restaurée, et David Dacko devint président, après des élections présidentielles (mars 1981) contestées par l'opposition; en septembre de la même année, David Dacko fut renversé par un nouveau coup d'État militaire qui porta le général André Kolingba à la tête de l'État. Après la dissolution du Comité militaire de redressement national, avec lequel il gouverna jusqu'en 1985, le général Kolingba fit approuver en 1986, par référendum, une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel. Cependant, l'opposition s'organisa dans l'ombre et, en 1990, exigea la tenue d'une conférence nationale. En 1992, un grand débat national réunit les différentes tendances politiques du pays et amorça un processus de réformes. Malgré les tentatives d'intimidation d'André Kolingba et grâce à la mobilisation de la population, les élections présidentielles de septembre 1993 virent la victoire de Ange-Félix Patassé, chef du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MPLC). Après avoir tout tenté pour proroger son mandat, expiré en novembre 1992 (ce qui provoqua une grève des fonctionnaires durant de longs mois), le président Kolingba dut se résoudre à accepter le résultat du scrutin.
En novembre 1996, à Bangui, des troubles éclatèrent, que l'armée française contribua à réprimer et, en janvier 1997, la signature des accords de Bangui mit fin à la mutinerie d'une partie de l'armée. En février de l'année suivante, fut créée une Force africaine d'interposition (MISAB), composée de soldats de six pays africains (Burkina-Faso, Gabon, Mali, Tchad, Sénégal et Togo), chargée du maintien de la sécurité, du désarmement des milices et du retour à la paix, tandis qu'en avril, dans le cadre de sa politique de réconciliation nationale, le président Patassé confiait deux ministères à des «ex-rebelles», et proposait la nomination d'un certain nombre d'entre eux dans différents corps d'armée. Si les troubles se poursuivaient, notamment dans la capitale, malgré la signature d'un accord de cessez-le-feu, un « pacte de réconciliation nationale » conclu le 5 mars 1998 par 400 délégués à la Conférence de réconciliation, en présence des chefs d'État africains (Idriss Déby, Omar Bongo, Alpha Oumar Konaré) mandatés par le sommet franco-africain de Ouagadougou, paraissait pouvoir ramener la paix civile.
L'année 1999 fut marquée par la réélection du président Patassé. Ce plébiscite intervint en dépit du fait que le gouvernement connaissait de grandes difficultés liées à un important afflux de réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo, fuyant les combats entre les rebelles du Mouvement de libération du Congo et les forces gouvernementales. Le retour à la stabilité n'était cependant pas complètement garanti.
En 2001, une tentative de coup d'État provoque de violents affrontements dans la capitale, Bangui.
Après une nouvelle série de troubles et malgré l'intervention de la communauté internationale (MINURCA), le 15 mars 2003, le général François Bozizé réussit, avec l'aide de militaires et miliciens tchadiens (dont une bonne partie vont rester avec lui après son installation au pouvoir), un nouveau coup d'État et renverse le président Patassé. Le général Bozizé chasse alors les rebelles congolais, auteurs de méfaits et crimes innombrables, notamment autour et dans Bangui.
Au terme d’une longue crise institutionnelle, une nouvelle Constitution est approuvée par référendum en décembre 2004. La transition s’achève par la tenue d’élections générales au printemps 2005. François Bozizé est élu à la présidence de la République avec 64,6 % des suffrages au deuxième tour, face à Martin Ziguélé, candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (PLPC) d’Ange-Félix Patassé. Son pouvoir est renforcé par la victoire aux élections législatives de la coalition regroupant ses partisans, la Convergence nationale Kwa na kwa (« le travail rien que le travail »), qui remporte 42 des 105 sièges de l’Assemblée nationale.







