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Si le sängö riverain, riche et nuancé, ne compte que 350 000 locuteurs de langue maternelle, le sängö véhiculaire, langue simplifiée, est pratiqué par la quasi-totalité de la population centrafricaine. Le premier est la langue des piroguiers sängö yakoma qui assurent, depuis toujours, le transport sur le fleuve, et qui ont été les premiers à entrer en contact avec les commerçants, les explorateurs et les missionnaires. Ces derniers ont ensuite largement contribués à la diffusion de la forme simplifiée du sängö, celui que les linguistes appellent sängö véhiculaire. Aujourd'hui parlé par une très grande majorité de centrafricains, le sängö n'est donc la langue maternelle de personne (à l'exception des Sängö-Yakoma). Ceux qui le parlent, et qui ont de surcroît une certaine connaissance du français, sont au moins trilingues. Par conséquent, le vocabulaire technique du sängö est encore très pauvre. A Bangui, un bon locuteur possède environ 800 termes. Chiffre qui descend à 300 en province. Toutefois, le milieu universitaire banguissois est bien décidé à enrichir cette langue nationale comprise par tous, véritable facteur d'unité jalousé par bien des pays d'Afrique.
Si de nombreux emprunts au français font du sängö une langue créolisée (« fouti » pour foutu, « kinini » pour la quinine et tous les comprimés, « pusu » pour pousser), sa poésie se lit dans les métaphores à l'origine d'une grande partie de son vocabulaire. «Yangada », la bouche de la maison, désigne la porte; « li-ngu », la tête de l'eau, désigne la source; « kamba ti bé », la fibre du cœur, désigne la bien-aimée, « ma-na-bé », écoute avec le cœur, désigne le protestant.
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